MNSTR

MNSTR est une plongée dans le monstrueux comme territoire de transformation. Ici, la femme se métamorphose, oscille entre familiarité et étrangeté, devient tour à tour minuscule puis colossale.  Elle s’acharne à construire sans fausse note une mélodie harmonieuse et attendue. Mais le vernis du cadre bientôt se craquelle, et des fissures imperceptibles déchirent petit à petit la toile, à la vue de toustes, de plus en plus bruyamment. L’harmonie s’évapore et laisse place à la sincérité d’un corps angulaire, plissé, jouissant et criant

La recherche autour des textures avec la scénographe Julie De Haeck ainsi que le grand nombre d’interviews réalisées en parallèle de la création chorégraphique viennent appuyer ces contrastes qui façonnent la figure du monstre. Rien n’est tout blanc ou tout noir. On se retrouve à mi-chemin et on questionne la multiplicité et la différence, la cause et la conséquence.

Le projet MNSTR s’est construit à partir d’une interrogation : qu’est-ce que je fais de la violence que j’ai subie ou de celle que je crains ? A l’heure où les images circulent sans filtre, où l’atroce côtoie le divertissement dans la vie comme sur les écrans, je cherche par le biais du papier et du corps à me réapproprier  ces représentations.

Je demande : C’est quoi le monstre? C’est qui ? Aux yeux de qui ? C’est physique ? Immoral ? Différent ? Cruel ? Poilu ? Trop? Inconnu ?

Créer ce spectacle, c’est inventer un monstre pour pouvoir l’observer et dialoguer avec lui. C’est aussi accepter d’en endosser certains contours. Et cette figure est à la frontière fine entre l’abstrait et la réalité. Elle permet de délier les langues, de prendre de la distance en partant de l’irréel pour parler du réel.

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Création HABITANTES 2026